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lundi 20 avril 2026

Poulets versus bovins




La situation se tend à nouveau en Ariège à cause de la Dermatose Nodulaire Contagieuse ce vendredi 17 avril matin. Dès 5h ce matin, la départementale qui mène à l'exploitation de Christelle Record à Baulou en Ariège a été fermée par les forces de l'ordre.

Les vétérinaires bloqués par des militants

Cette éleveuse ariégeoise s'oppose en effet à la vaccination obligatoire de son cheptel contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Après avoir été déboutée hier pour son référé qui demandait l'annulation de cette vaccination par le tribunal administratif, les services vétérinaires de l'Etat tentent d'accéder à sa ferme pour piquer son troupeau.

 

Des tensions avec les forces de l'ordre

Mais une quarantaine de personnes, des soutiens et des militants, les bloquent. A pied, ou à vélo, ils ont tout de même réussi à rejoindre la ferme de Christelle Record pour la soutenir.

Ils manifestent ce vendredi matin sur la route d'accès qui mène à l'exploitation. Des tensions ont déjà eu lieu avec les forces de l'ordre déployées sur place. Vers 8h, les manifestants ont mis une voiture au milieu de la route pour bloquer le véhicule des vétérinaires qui arrivait en face.

Selon nos journalistes sur place, cinq camions de CRS sont attendus sur place, mais l'éleveuse Christelle Record, actuellement à Foix, pour mener une action juridique au tribunal, en appelle au calme.

Christelle Record va saisir le juge des Libertés

De nombreuses forces de l'ordre sont déployées sur place. La sous-préfète du département et Me Diane Protat l'avocate de Christelle Record sont dans l'exploitation. Jusqu'au bout, l'avocate de l'éleveuse tente d'empêcher juridiquement cette vaccination contre la DNC. Trente vaches doivent être vaccinées ce matin. Hier Christelle Record réagissait au rejet de son référé.

 

"J'espère pouvoir faire entendre raison au vétérinaire qui viendra sur mon exploitation. Sans mon consentement, il ne peut pas y avoir de vaccination" réagit Christelle Record. Très tôt ce matin, l'éleveuse ariègeoise s'est rendue au tribunal de Foix pour saisir en urgence le juge des Libertés et tenter d'empêcher les vétérinaires d'accéder à sa propriété, une priorité privée.

Après avoir déposé un recours, Christelle Record n'a pas pu voir un juge des Libertés et est finalement revenue sur son exploitation vers 9h30. "Vous ne toucherez pas mes bovins!", a-t-elle déclaré dès son arrivée à la sous-préfète de l'Ariège présente sur place.

Les vétérinaires ont finalement réussi à accéder à l'exploitation. Mais pour protéger son troupeau, l'éleveuse s'est enfui avec ses bêtes et les a éloignées de sa ferme. Les forces de l'ordre n'ont pas cherché à les rattraper. Après avoir traversé une départementale, ses vaches sont désormais mélangées à un autre troupeau.

 

La suite dans la vidéo qui suit .



vendredi 17 avril 2026

jeudi 16 avril 2026

Trottola

683 - Coeur : Peinture sur toile de l'artiste Harleen 

 

 

STRANO

Depuis juin 2024

Il y a là un chapiteau. Un chapiteau de cirque, rouge, au centre de la place du centre de la ville.
Dehors les tempêtes font rage, une lumière subsiste à l’intérieur.
Des gens de cirque se glissent sous la toile pour tenter d’échapper au monde, à l’absurde, à la guerre.
Ils y trouvent là une atmosphère particulière, une musique hors du temps qui les embarque dans un autre monde, un monde lointain, appartenant au souvenir du souvenir, peut-être d’un cirque, celui de notre enfance.
Clowns, acrobates, trapézistes, frissons, rire, musique et même un orgue, tout y est et menace de faire craquer cet espace trop petit. D’autant qu’à l’extérieur, le réel gronde…
Tous goûtent alors à cet instant qui, ils le savent, était déjà perdu ; et celui à venir allait lui aussi à son tour disparaître dans le gouffre du temps. Ils étaient bouleversés, pleurant déjà ces minutes d’éternité.
Alors larme à l’œil, ils reprennent le travail, l’acrobatie, se tordent le nez encore et encore, et se cognent à l’incrédule, à l’incommensurable.
Les spectateurs sont là, coude à coude ; la rigolade, l’éclat, le bizarre, le vertige, le surprenant, nous somment de rester en selle, et de ne pas tomber.
Haut les cœurs ! Voilà le Cirque. 

 

 


https://cirque-trottola.org/



 


mardi 31 mars 2026

Service militerre

 

 

 La campagne de recrutement pour le nouveau service militaire volontaire est lancée. La ministre des armées, Catherine Vautrin, accompagnée des chefs d’état-major, a tenu une conférence de presse pour détailler les modalités de participation au nouveau service militaire national pour mieux préparer sa retraite.  

Comment le service militaire peut valoriser votre retraite : le guide  complet

La maison de retraite

 

Pendant ce temps d'irréductibles écoterroristes ...

« À bas le service militaire, vive le service militerre »

Funeste entreprise que d’apprendre aux jeunes à manier les armes. Dans cette chronique, Laure Noualhat plaide pour un service « militerre » : face au chaos, mieux vaut pousser une « génération low-tech, poétique et désobéissante ».

Laure Noualhat est journaliste et collabore régulièrement avec Reporterre. Elle est l’autrice de plusieurs livres dont Bifurquer par temps incertains (éd. Tana, 2023) et Le nucléaire va ruiner la France (éd. Seuil/Reporterre, 2025).



Tu n’aimes pas le futur nouveau service militaire ? Moi je propose qu’on phosphore sur un « service militerre », un rite de passage qui ne glorifie pas la conquête, mais la cohabitation intelligente avec le vivant et qui cherche à armer les générations qui vivront dans le chaos à venir avec un peu d’aplomb.

Une certaine jeunesse ne veut plus servir un modèle qui s’effondre, ni aligner sa respiration sur celles des tambours militaires, mais sur le cycle des saisons et le bruit du vent dans les arbres. Alors pourquoi ne pas travailler à une alternative ? Un « service militerre » où pendant six mois, garçons, filles — et tous ceux qui ne rentrent pas dans ces cases ! — apprendraient à distinguer une terre fertile d’une terre stérilisée par les engrais chimiques, à cultiver ce qu’ils mangeraient vraiment, à réparer au lieu de remplacer, à survivre plusieurs nuits dehors, sans wifi ni panique, à coder en open-source parce que la liberté numérique commence par la transparence, à crocheter une serrure pour comprendre ce que le mot « accès » veut dire, et à tirer à l’arc — non pour blesser, mais pour retrouver l’alignement entre le corps, l’intuition et le monde.

Il n’y aurait pas de casernes (d’ailleurs nombre d’entre elles ont été transformées en écoquartiers depuis la RGPP de 2008 [1], ah ah ah !) mais des champs-écoles, des forêts pédagogiques, des ateliers de mécanique, des hangars coopératifs d’outils.

Pourquoi ne pas fantasmer une génération low-tech ?

On y cultiverait aussi des choses qu’on ne sait plus nommer dans les politiques publiques : la lenteur, la débrouille, la responsabilité partagée, la fragilité assumée, la codécision. Face à la montée des crises — eau, énergie, climat, sol — est-ce que la compétence clef, c’est vraiment de savoir faire un salut réglementaire devant un drapeau ? Ou de savoir faire tenir debout un potager, un groupe humain et un moteur fatigué ?

Vous me direz : « Ben, tu n’inventes rien, il existe le service civique, un service national non militaire, un engagement citoyen sans armes pour des dizaines de milliers de jeunes. » Certes, mais il vit ses derniers moments. Emmanuel Macron le tient en si belle estime qu’il l’étrangle ! Son enveloppe budgétaire vient d’être réduite de 20 %, soit 114 millions d’euros ! Dans le fameux « en même temps », Macron proclame la renaissance du service militaire. Pfff, quel manque d’imagination tout de même...

Lire aussi : « Macron prépare la militarisation de la société »

Le vrai défi n’est pas militaire. Il est militerrien. Ce siècle a-t-il vraiment besoin d’armées qui protègent ce qui reste du monde ancien, ou de communautés capables de le réinventer ? Pourquoi ne pas fantasmer une génération low-tech, poétique et désobéissante, qui sait lire un paysage, fabriquer des objets, négocier un désaccord, tendre un arc ou une main... Et qui regarde le pouvoir droit dans les yeux en disant : « On ne défendra plus ton monde. On construira le nôtre. »

Un corps de terriens ingouvernables

Ce ne serait pas une armée mais un corps de terriens ingouvernables et responsables — une milice du vivre. Pas pour marcher en rang mais pour habiter la Terre en conscience.

Le service militerre s’afficherait comme une préparation pragmatique et holistique à un monde particulièrement incertain et instable. Parce qu’en vérité, le soldat du futur n’est ni un poitrail musclé, ni un marche-au-pas synchronisé mais un humain informé, doté de jugement, de ressources techniques et émotionnelles. Pourquoi ne pas voir le service militerre comme un creuset d’aptitudes low-tech (bois, terre, moteurs réparables), mid-tech (mécanique, hydraulique, coopératives d’outils), high-tech (cyberdéfense, IA libre, cryptographie, systèmes autonomes) ? »

On me rétorquera : « Enfin, Laure, on n’est pas seuls sur cette planète ! Poutine, Trump, Xi… Tu les as oubliés ?! Le monde est dangereux, il faut s’armer, se défendre, se préparer au combat réel ! » Oui, il y a un réel et des puissances qui testent nos failles. Mais quand on me parle de guerre moderne, je vois des drones autonomes, des campagnes de désinformation, du hacking de satellites, des concentrations de césium dans les sols et des microcharges nucléaires tactiques. À part sur ce dernier point, la guerre a déjà commencé !

« Répondre à leur monde par des uniformes, c’est rater l’époque »

Le plus ironique ? Ceux qui réclament une jeunesse « prête à se battre » font mine d’ignorer que le combat est déjà là — dans le front invisible de l’attention, de l’information, des bases de données, de la stabilité du réseau électrique et, bien sûr et de plus longue date, dans la destruction concertée de nos écosystèmes. Même l’un des papas d’Internet, Vinton Cerf, préconise un programme citoyen pour armer des générations d’e-troupes ! « Pour ne pas être dépassés par les menaces numériques, il faut entretenir cette immunité — pourquoi pas dès la jeunesse, dans un programme citoyen. »

Oui, la menace est réelle.

Oui, Poutine existe. Trump existe. Xi existe.

Mais répondre à leur monde par des uniformes et le maniement des armes, c’est rater l’époque (ou reproduire l’ancienne !). Il faut leur opposer une génération capable d’habiter le réel, avec un pied dans l’humus et un pied dans le code. Une génération qui manie à la fois le tournevis et le pare-feu informatique, la bêche et l’algorithme, la flèche et la fibre optique.

Et surtout : une génération qui pense. Parce qu’aucun missile n’est plus dangereux qu’un peuple qui ne réfléchit plus.



dimanche 29 mars 2026

Délivrets vous du nuke ...

 

A la gare comme à la gare !

 

 Agir

Menace d’expulsion : gare à la revanche !

Située près de Bure, sur le tracé de la voie ferrée par laquelle transiteraient les convois de déchets nucléaires, l’ancienne Gare de Luméville est un lieu emblématique de la lutte contre Cigéo. Rachetée par des militant·es dans les années 2000, elle a récemment subi une procédure d’expropriation, et est menacée d’expulsion depuis le 11 octobre 2025. Rencontre avec Camille et Clara pour comprendre comment s’organise l’occupation de la Gare.

Luttes et actions Bure - CIGEO

Depuis cet été, il y a eu la Manif du Futur, et le camp Septembre Infini pour préparer son occupation. Une audience aura lieu le 17 décembre pour fixer le calendrier de la procédure d’expulsion. Comment vivez-vous cette occupation ?

Clara : L’audience devait se tenir le 5 novembre, on avait peur de l’expulsion chaque matin. Avec son report le sentiment d’urgence est retombé. C’est un lieu qui reste précaire, on attend l’audience de décembre qui risque de rendre le lieu expulsable. Ça impliquera une intervention des flics pour nous virer d’ici.

Vous produisez des vidéos humoristiques ou radicales sur ce qui s’y passe, qu’est-ce que vous avez eu envie de montrer de la vie de la Gare ?

Camille : Ça permet d’apporter un peu de légèreté à ce qu’on vit, de faire des trucs drôles et ironiques, dans un contexte répressif pesant.

Clara : D’autres vidéos sont à venir !

La répression policière en local s’intensifie, comment ce qui se passe à la gare influe sur le reste de la lutte à Bure ?

Camille : À la Gare, en septembre dernier, on ressentait de la surveillance et ça s’est accentué autour de la Manif du Futur. Sur les autres lieux, comme d’habitude, il y a des patrouilles de keufs qui passent régulièrement.

Clara : Les compagnies de gendarmes changent tous les mois ou toutes les deux semaines. Elles ont des types de répressions différentes : parfois ça va être plus ’calme’, d’autres fois l’occupation du terrain va être plus violente, avec du harcèlement policier, des provocations très fortes, des vols de matériels, de la violence physique et des arrestations abusives.

Comment vous envisagez les mois qui viennent ?

Clara : Il a plein de choses qui se déroulent en ce moment : les opérations DR0, les forages et travaux sur la voie ferrée, le défrichage du Bois-Lejuc... Perdre la gare ce serait perdre un lieu d’occupation, d’émancipation, un lieu de vie, un lieu où des gens se sentent mieux que dans les espaces habituels de la société, avec beaucoup de bons souvenirs. C’est une partie de ma vie, la Gare.

Camille : C’est aussi la perte d’un symbole de la lutte.

Vous êtes en lien avec d’autres luttes ou zones occupées ?

Clara : C’est une lutte antinuke ici, mais d’autres personnes portent des luttes diverses, d’émancipation. Récemment on s’est rapproché·es de luttes anti-technologies, antispécistes. Il y a des gens investis dans la lutte contre l’A69. Des personnes qui s’étaient mobilisées le 10 septembre. Des luttes sur les frontières, en soutien aux personnes sans-papiers. On a aussi quelques liens avec des collectifs antifa, comme avec le rassemblement à Bar-le-Duc contre un lieu néonazi.

Camille : Et puis il y a des gens d’autres pays, notamment de Suisse et d’Allemagne.

Un mot à ajouter ?

Camille : Venez occuper la gare si elle n’est pas déjà expulsée !

Clara : Venez réoccuper la gare si elle a déjà été expulsée !

Pour soutenir la gare à distance :

 bureburebure.info/comment-soutenir-la-gare-a-distance/
 bureburebure.info/nous-soutenir/

Propos recueillis par Garance Dupouy Bossu et Mathilde Damecour




Poulets versus bovins

La situation se tend à nouveau en Ariège à cause de la Dermatose Nodulaire Contagieuse ce vendredi 17 avril matin. Dès 5h ce matin, la dép...

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