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lundi 15 décembre 2025

Bonnets jaunes , Kesaco ?

 

Le vendredi 12 décembre 2025, les services de l’État mettent à mort les 200 bovins d’une ferme des Bordes-sur-Arize, parmi lesquelles un cas de dermatose (DNC) a été détecté, entraînant, selon le protocole, l’abattage du troupeau entier. Depuis quelques jours, avec une colère justifiée, de nombreux appels à soutenir ces agriculteurs ont été diffusés, et un très important rassemblement a eu lieu, entrainant des violences de la part des gendarmes.

Les appels à mobilisation ont pour la plupart émané de la Coordination rurale, qui est un « syndicat » agricole ouvertement d’extrême-droite. Ce groupe d’inspiration poujadiste cherche à défendre l’agriculture « française » sans jamais la détailler : parle-t-on des « petits paysans » ou des riches céréaliculteurs ? Qu’entend-on par « Français » ? les propriétaires d’exploitation ou les innombrables travailleur.se.s étranger.se.s sous-payé.e.s et maintenu.e.s dans la précarité ? Tout le discours est enrobé dans une défense xénophobe et raciste de la « civilisation » occidentale face à une « menace » dont on comprend bien qu’il s’agit de celle du « grand remplacement »…

La CR développe par ailleurs un propos systématiquement anti-écologiste, allant sans hésiter jusqu’aux actions violentes, comme lors du saccage des locaux de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Charente-Maritime, il y a quelques jours. Le président national de la CR, Bertrand Venteau, a déclaré publiquement vouloir « faire la peau » aux écologistes (Le Monde, 11 décembre 2025). Le chef de la CR du Tarn-et-Garonne, Pierre Mercadal, est un « influenceur » d’extrême-droite raciste, souverainiste et masculiniste (Le Monde, 28 janvier 2025).
Si la colère face à la gestion épouvantable de la dermatose par l’État est légitime, l’absence de critique de la Coordination rurale et de ses positions est un problème. L’opportunisme est la base des méthodes de l’extrême-droite, aujourd’hui comme hier ; il s’agit ici pour la CR (et le RN) de se présenter en seuls représentants de la colère rurale. Ne leur laissons pas cette place.

Aux Bordes-sur-Arize, main dans la main avec les porteurs des nombreux bonnets jaunes distribués par le « syndicat », on pouvait voir d’ailleurs d’autres courants de l’extrême-droite ariégeoise : complotistes et « survivialistes », prétendus « new-age » profondément réactionnaires, comme des membres de l’association Kokopelli ou des personnes de La table de Gaya (ferme bio de Montjoie-en-Couserans), et même une effroyable « procession » de l’Action française porteuse de crucifix et entonnant des cantiques face aux gendarmes (Le Monde, 11 décembre 2025). Cette diversité, c’est celle de l’extrême-droite sous tous ses visages, de celle qui veut une « ruralité » blanche, dirigée par les seuls hommes, rejetant les « écolos » et autres « pélutes » et défendant une agriculture anachronique et polluante au nom du profit, à celle qui se cache derrière le bio pour porter un discours essentialiste tout aussi problématique.

Certain.e.s, sans doute de bonne foi, ont appelé au nom de l’urgence à « faire abstraction de la politique » pour soutenir les agriculteurs des Bordes ; il nous semble qu’on ne fait jamais « abstraction de la politique » : ce qu’on fait en réalité, c’est permettre à l’extrême-droite de récolter les fruits de la mobilisation. Se rendre à un rassemblement de la CR sans y porter une critique radicale et antifasciste revient à notre avis à renforcer l’extrême-droite, localement et nationalement. Ne tombons pas dans ce piège.


PAS DE FACHOS DANS NOS CAMPAGNES !
Coordination contre les idées d’extrême-droite 09, 13 décembre 2025

 


 

Désescalade numérique

  Tout est dans le titre : Lire le détail de ces mesures ICI .

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