Rodrigue a du cœur et plus de 6 cordes à sa guitare...
Lorsqu'il ne fréquente pas la fine fleur des musiciens ariégeois du Collectif Orri comme ICI à l'Estive ou qu'il s'évade sur les chemins de la Bossa Nova , il compose ...
C'est à Saint Martin de Caralp que nous avons découvert le nouveau spectacle de Rodrigue Bervoet alias Meta Hurakin . ,
"Chansons à rêver" , un conte musical qui enchanta enfants et adultes présents , fascinés notamment par cette langue qu'il a créée , sa voix et ses guitares. .
S'il passe près de chez vous , courez y ... tranquillement comme sa musique l'exige .
Pour celles et ceux qui ont loupé les premiers épisodes de "Gare à la Gare " c ' est ICI .
Rappel :
L'Ancienne Gare de
Luméville est expulsable à partir du 11 octobre .
Les débuts de l’occupation
Samedi 11 octobre 2025 – Jour 1 – Le Banquet
La Gare est illégale, paraît-il. Nous y voilà enfin. Nous célébrons
ce drôle de passage en donnant un grand banquet dans le bâtiment
principal. Une cinquantaine de convives prennent place autour des tables
où brillent des cierges par dizaines. Un discours est lu, solennel et
puissant, qui s’achève sous les applaudissements et les feux
d’artifices. Le voici tel que nous l’avons entendu :
« Chères ami⋅es,
la Gare est heureuse de vous voir aujourd’hui réunies pour ce banquet
inaugural de son occupation illégale. Depuis 2007, cette jolie prairie
calcaire et ses charmants bâtiments – à l’époque bien moins
hospitaliers, il faut le dire – ont été achetés par des opposants qui
préféraient le son saturé des guitares punk aux crissements des wagons
de déchets nucléaires. Eh oui ! Cela fait déjà 18 ans que cet endroit et
ses évènements ont grandi sous le regard bienveillant de la Loi et du
sacro-saint régime de la propriété privée. C’est à cet âge charnière que
l’État a choisi d’encourager notre sémillante Gare à quitter le nid
douillet de la légalité pour voler de ses propres ailes au dessus des
mornes procédures d’accaparement foncier de l’Andra.
Si au cours de sa jeunesse la Gare a pu faire la forte tête face à
l’administration, en remontant son préau ou en osant ériger des cabanons
si détestables au maire de Gondrecourt, elle a toujours pu accueillir
les milliers de personnes qui ont su s’occuper d’elle et vivre des
aventures plus ou moins joyeuses. Camp VMC, chantiers cuisines,
Rayonnantes, rencontres contre la taule ou le spécisme, isolation de ses
murs, cabanes, concerts à la Bricostation et autres barricades de
caravanes, ces dix huit années ont été mises à profit pour atteindre la
maturité mêlée de fougueuse insolence qu’on lui connaît aujourd’hui.
C’est sur ces nappes impatientes d’accueillir convives, falafels et
conspirations futures que nous allons pouvoir partager ce premier
banquet illégal, annonciateur de semaines et de mois de soleils radieux
et de réveils matinaux.
Remémorons nous tous et toutes nos souvenirs heureux, nourrissons des
vestiges du vieux monde nos braseros et prenons soin de nous toustes et
des aubépines qui nous séparerons un jour de la gendarmerie, jalouse de
la puissance éclatante de ce lieu. Quand l’adversité viendra à poindre
le bout de son nez, franchissant les portails colorés, n’oublions pas
que la lutte contre Cigéo et ses 150 ans de travaux n’en sera qu’à ses
balbutiements. Que comme la Gare nous devrons nous métamorphoser en
laissant derrière nous un État rigide, une filière nucléaire moribonde,
incapables de comprendre la beauté de ce que nous avons vécu ici. Que
nous reviendrons sur ces rails enherbés et sur d’autres continuer le
combat contre l’oubli de ces moments joyeux, et contre l’oubli de la
honte des déchets nucléaires.
Longue vie à la Gare illégale et fière et à vous toustes, à celleux qui l’ont aimée, un grand merci. »
La soirée s’étire en longueur, au rythme des plats, des bouteilles de
jus de pomme ou de vin rouge puis au son d’un accordéon furieux. Naît
alors une idée toute simple, en forme de pied de nez à la menace qui
grandit à l’horizon : et si, des banquets comme celui-ci, nous en
faisions tous les mois ? Et si, la « Gare illégale » traversait l’hiver
de soirées festives en dîners mondains, moments de joie et de répit au
milieux des barricades ? Serons-nous encore là pour le 5e banquet mensuel de l’Ornois? Que servira-t-on pour la dixième édition des Festoiements de la Gare ? Venez et vous saurez !
Port-Vendres est le premier port bananier français, avec chaque semaine 6000 tonnes * débarquées !
Car sais-tu que c’est l’un des fruits qui figurent parmi les plus consommés dans le monde ?
Et que sa production aux Antilles engendre une pollution équivalente à
celle des essais nucléaires en Polynésie ? Ou encore qu’il faut plus de 800 litres d’eau pour en produire 1 kilo ?