Certes le titre de ce post est un peu long mais résume le dilemme de l'expérience d'un représentant ( surnommé le gars moi même ) des 23% de la population de notre beau pays qui l'espace de quelques semaines a été le centre d'un monde malade du " c'est moi qui a la plus grosse " de l'orgasmisation de l'élite sportive mondiale par la grâce d'un baron accusé ( par des médisant-es et de mauvais français ) de sexisme, racisme, colonialisme, antisémitisme et
d’accointance avec le régime nazi...
Mais , revenons en aux faits .
Je suis l'heureux possesseur d'un idiophone permettant de recevoir et émettre des appels et des messages .
Autre avantage de mon idiophone , il ne m'a coûté que quelques dizaines d'euros , il est incassable , flotte sur l'eau et se transforme en sifflet en cas de besoin ( perdu dans la forêt lors d'une cueillette de champignons ou en difficulté après une chute malencontreuse dans le cours d'une rivière du Couserans à l'occasion d'une sortie pour taquiner dame fario.
Certes le smartphone est beaucoup plus répandu , permet d'admirer les turpitudes de " nos " semblables , comble les vides existentiels de "nos" contemporains . Certes il permet de remplir les caisses des opérateurs téléphoniques et de goûter l'ivresse de la 5 , 6 G(rammes) .Mais attention au retrait du permis de vivre... SA.vie.
Le texte qui suit , paru dans le journal l'(in? )Humanité , fait un point salutaire sur cette addiction à l'ordiphone .
Bonne lecture.
Apparu il y a seulement une quinzaine d’années, le smartphone est
devenu avec une incroyable rapidité un objet central de notre société.
Il suffit d’observer nos contemporains, dans la rue, dans le métro, au
restaurant, partout, pour se rendre compte de la place prépondérante
qu’il occupe. Selon les dernières statistiques de l’Insee, 77 % de la
population française âgée de 15 ans et plus en possèdent un. Ce
pourcentage atteint 92 % chez les 30-40 ans, et 94 % pour les 15-29 ans.
Signalons que ces statistiques portent sur l’année 2021 et que le taux
d’équipement étant en hausse constante, il est assurément encore plus
élevé aujourd’hui. Signalons aussi qu’il concerne des enfants de plus en
plus jeunes. Selon une étude médiamétrie, ces derniers se voient offrir
leur premier smartphone, en moyenne, avant l’âge de 10 ans. Là encore,
ces statistiques datent de 2020 et tout porte à croire que cet âge moyen
a encore baissé.
Est-ce que chaque humain sera, d’ici quelques années, systématiquement relié au « grand tout » via un smartphone ?
Nous sommes un certain nombre à ne pas le souhaiter et à vivre sans
smartphone, pour de multiples raisons. Ce petit objet est un concentré
de pollutions industrielles. Il contient une cinquantaine de métaux
différents quasiment impossibles à recycler dont l’extraction crée des
situations dramatiques aux quatre coins du monde1. Dans les usines de
smartphones chinoises, ouvriers et ouvrières sont soumis aux conditions
d’exploitation les plus extrêmes quand ils ne font pas l’objet de
travail forcé, comme les Ouïgours2. Nous pensons qu’à l’heure où l’on
nous annonce des coupures d’électricité pour l’hiver, l’énergie
disponible ne doit pas être accaparée par cet appareillage, ainsi que
par la gigantesque infrastructure nécessaire à son fonctionnement
(antennes relais, serveurs…). Nous affirmons que les ondes
électromagnétiques liées à cette technologie posent de sérieuses
questions de santé publique.
Nous refusons d’être sollicités et pistés en permanence par des
sociétés privées, et que celles-ci s’emparent de l’un de nos biens les
plus précieux : notre attention. Nous constatons à quel point ce qui est
appelé « outil de communication » altère en réalité nos relations
sociales.
Le smartphone est si addictif qu’il a démultiplié les tensions et les
conflits dans les foyers. C’est le pire ennemi des parents qui doivent
se démener pour soustraire leurs enfants à ses mondes parallèles et
marchands.
Nous avons aussi découvert à travers la mise en place du « passe
sanitaire » l’utilisation qui pouvait être faite de cet objet, à savoir
gérer, de manière individualisée, le moindre de nos déplacements en nous
délivrant, ou non, l’autorisation de pénétrer dans tel ou tel lieu. Le
problème n’est pas ici de savoir si ce dispositif a permis de limiter la
propagation du virus. Ce que nous retenons, c’est que le smartphone
s’est révélé être une interface entre l’humain et l’administration
centrale, offrant à cette dernière un pouvoir inédit de surveillance et
de contrôle.
L’industrie et le gouvernement multiplient les décisions rendant cet
objet de plus en plus indispensable : disparition des cabines
téléphoniques, des guichets « humains » et même des bornes automatiques
dans les gares, envoi de codes pour réaliser un paiement en ligne, QR
codes à scanner dans les musées ou les restaurants, administrations de
plus en plus déshumanisées (« dématérialisées », selon le langage
consacré…), etc. Au point de pousser la Défenseure des droits à lancer
ce cri du cœur : « Il n’est pas possible d’imposer à tout le monde
d’avoir un smartphone ! »3
Nous exigeons donc de l’État qu’il rétablisse les alternatives au
smartphone pour permettre à chaque citoyen d’accéder à ses droits et aux
biens communs sans y avoir recours. Nous revendiquons le droit de vivre
pleinement dans cette société sans pour autant être équipé de cette
prothèse incroyablement envahissante.
Parallèlement – et sans ignorer les contraintes, notamment
professionnelles, qui peuvent s’imposer à certain·es – nous appelons
celles et ceux qui le peuvent encore à abandonner au plus vite leur
smartphone.
« On croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société »,
prévenait le philosophe Bernard Charbonneau en 1967. Aujourd’hui plongés
dans le modèle du « tout-bagnole », et alors que nous en connaissons
les ravages écologiques, nous constatons l’extrême difficulté que nous
avons à en sortir. En quinze ans, le smartphone ne nous a rendus ni plus
heureux, ni plus libres. Il a simplement augmenté notre dépendance à
des chaînes de production insoutenables et démultiplié les profits de
l’industrie du numérique. Un bilan aussi désastreux appelle une réponse
collective. C’est pourquoi nous appelons à démanteler tant qu’il est
encore temps la société du smartphone.
Signataires :
– Matthieu Amiech, éditeur, auteur de L’industrie du complotisme (La Lenteur)
– Fabien Benoit, journaliste, auteur de Techno-luttes (Seuil/Reporterre) ;
– Nicolas Bérard, journaliste, auteur de Ce monde connecté qu’on nous impose (Le passager clandestin/L’âge de faire) ;
– Nicolas Celnik, journaliste, auteur de Techno-luttes (Seuil/Reporterre) ;
– Alain Damasio, auteur de Les Furtifs (La Volte) ;
– Sabine Duflo, psychologue, autrice de Il ne décroche pas des écrans (Marabout) ;
– Lisa Giachino, rédactrice en chef du mensuel L’âge de faire ;
– Celia Izoard, journaliste, autrice de Merci de changer de métier (La dernière lettre) ;
– François Jarrige, historien, auteur de On arrête (parfois) le progrès (L’échappée) ;
– Fabien Lebrun, chercheur, auteur de On achève bien les enfants. Écrans et barbarie numérique (Le bord de l’eau)
-- Yves Marry , délégué général l'association Lève les yeux, auteur de l'attention ( L’échappée )
-- Geneviève Pruvost, sociologue,autrice de Quotidien politique-féminisme, écologie,subsistance ( La découverte).